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"Nous donnons une seconde vie aux objets pour prouver que chaque matériau a un potentiel, tout en réduisant l'impact environnemental et en créant une décoration porteuse de sens, respectueuse de la nature et de l'humain."

Portrait Tendances Pyrénées

Dans le cadre de la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets, nous avons rencontré Marie-Andrée Lanne, fondatrice de Pyrénées Tendances, une entreprise située à Beaucens, dans les Hautes-Pyrénées. Labellisée Initiative Remarquable, Pyrénées Tendances se distingue par son engagement en faveur de l’upcycling et son approche responsable. Aujourd'hui, nous vous proposons de découvrir comment cette démarche inspire et impacte la région.

Pouvez-vous nous raconter l’histoire derrière la création de Pyrénées Tendances ? Qu’est-ce qui vous a inspirée à vous lancer dans cette aventure entrepreneuriale ?

J’avais un atelier créatif dans lequel je donnais des cours de dessin, peinture et relooking de meubles, puis les aléas de la vie m’ont poussé à vraiment vivre de mon travail donc j’ai bifurqué de l’atelier créatif pédagogique et j’ai proposé mes services de conseil en décoration intérieure, et réalisation de relooking intérieur.

Maxime mon fils a intégré l’entreprise en 2016. Nous avions envie de créer un look Pyrénéen moderne, inspiré par la nature et notre histoire, avec cette notion de seconde vie comme une seconde chance, en se servant de l’upcycling (ma passion depuis toujours) le but étant de redonner une seconde vie à des meubles que les personnes ne voulaient plus, et de prouver que chaque objet possède un potentiel. Nous avions aussi le souhait d’activer une synergie locale, en travaillant en réseau avec des entreprises proches. Nous avons donc créé la Marque Pyrénées Tendances, agence de décoration intérieure, une décoration porteuse de sens, un accompagnement tout au long du projet en sensibilisant nos clients à notre esprit et nos valeurs.

Pyrénées Tendances se distingue par une démarche très forte d’upcycling. Qu’est-ce qui vous a poussé à adopter cette approche pour vos créations ?

Ce qui nous pousse à créer en utilisant l’upcycling, c’est le souhait de réduire l’impact de nos achats. Si on peut réduire nos déchets tout en décorant un espace, on crée satisfaction décuplée : on réduit nos déchets, on réduit la distance production-achat, le produit est fabriqué par des artisans passionés, c’est un achat à impact positif. Je considère que les énergies mises dans la fabrication peuvent être négatives (exploitation humaine), nulles (industrialisation) ou positives (respect de l’humain et de la nature, créativité dans l’entreprise, amour du travail porteur de sens).

En quoi consiste concrètement l’upcycling dans votre processus de fabrication ? Quels types de matériaux réutilisez-vous et comment leur donnez-vous une seconde vie ?

Par exemple, les skis sont un fléau pour la planète. Non recyclables car en multi-matériaux, nous avons souhaité, les réutiliser dans la décoration intérieure. C’est donc devenu pour nous une matière première pour d’autres utilisations. Ils se sont déjà transformés en claustras, en poteaux, en plaques décoratives, en étagères, en porte-manteaux, en décapsuleurs…

Les chutes bois de nos chantiers agencement se transforment aussi en divers objets décoratifs, le but étant d’avoir le moins de déchets possibles en fin de production.

Rien n’est fixe, tout est collection capsule, car nous fabriquons à la main et le but est de créer un « plus » pour chaque action d’upcycling.

Quels sont les principaux défis que vous rencontrez en intégrant l'upcycling dans la production, et comment les surmontez-vous ?

La différence entre recyclage et upcycling, c’est pour moi très important : le premier ré- utilise (RE), le second valorise sa ré-utilisation (UP). Parfois le défi c’est de retrouver l’objet à recycler pour poursuivre une création déjà engagée. Mais nous avons remédié à ce problème au final en valorisant l’effet « capsule » de la production. Il faut donc toujours trouver l’idée qui va valoriser les « déchets » qui s’amoncellent, et une fois transformés et vendus, ne pas tomber dans le piège de la consommation en fabricant d’autres objets, mais de trouver une nouvelle idée pour un autre type de déchet arrivant.

Selon vous, en quoi l'upcycling peut-il contribuer à la réduction des déchets à l'échelle locale, voire globale ?

L’upcycling est la meilleure manière de réduire les déchets, car le déchet ou l’objet jeté devient lui-même la matière première d’un nouveau projet.

La Semaine Européenne de la Réduction des Déchets met en lumière l’importance de la gestion responsable des ressources. Comment Pyrénées Tendances sensibilise-t-elle ses clients et partenaires à ces enjeux environnementaux ?

C’est notre ADN d’entreprise de proposer un nouveau look, un nouvel espace, en gardant toujours tout ce qui va pouvoir resservir, être relooké, détourné.

Comment voyez-vous l’évolution de Pyrénées Tendances dans les années à venir, en particulier en matière d’innovation durable et de respect de l’environnement ?

J’ai plein d’idées et j’ai un projet d’objets de décoration en papier mâché issu du recyclage de nos propres poubelles sèches intra-entreprise, éco-conception à impact positif. Ces nouveaux objets viendront étoffer les collections et constitueront une vraie valeur ajoutée à notre socle fondateur d’upcycling.

Quels conseils donneriez-vous aux entrepreneurs qui souhaitent intégrer des pratiques plus durables et responsables dans leurs activités ?

Le conseil que je peux donner à tous les entrepreneurs, c’est de sensibiliser leurs salariés aux petites actions (tri sélectif par exemple), aux conséquences du gaspillage, qui sont un fléau pour tous. Il faut défendre ces valeurs autour de soi dans nos actes quotidiens, en parler, car le changement ne peut venir que de chacun d’entre nous, à force d’avoir été sensibilisé jour après jour.

Enfin, quel message souhaiteriez-vous transmettre à l’occasion de cette Semaine Européenne de la Réduction des Déchets ?

Nous sommes responsables de notre avenir, évitons de transformer notre planète en poubelle géante, consommons moins, consommons mieux. Il en va de notre survie, et surtout de celle de nos enfants.

Merci Marie-Andrée Lanne pour cette interview.

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